La Haute Route des Pyrénées à Vélo

Qu'est-ce que le cyclotourisme ?
C'est de l'amour ambulant dont la nature est l'objet.


Nous devons cette définition à Henri de la Tombelle , dans son manuel du cyclotourisme édité en 1943, et je n'en connais pas de plus satisfaisante.

Réaliser la traversée des Pyrénées à vélo ne s'improvise pas. Pour autant, cet exercice n'est pas réservé aux grands sportifs. Le vélo est un sport accessible à tous. En ce qui nous concerne, nous sommes de petits sportifs puisque nous totalisons rarement plus de 3000Km de vélo par an. Même si l'on ajoute au vélo quelques footings, à raison d'une douzaine de Km par sortie, notre entraînement est un maintien en condition et non une préparation à des performances particulières.

Je déplore la représentation du vélo telle qu'elle est proposée par les médias en tous genres, essentiellement à l'occasion du tour de France. Le cyclisme ne serait que souffrance, et les grandes étapes viendraient à bout de sportifs surentraînés ! Monter un col devrait fatalement inscrire sur les visages des cyclistes des rictus de douleur ! Une telle mise en scène du cyclisme fait l'impasse sur une pratique du vélo bien plus répandue, que l'on appelle cyclotourisme, même si chez les cyclotouristes, le désir de réaliser une performance prend souvent le pas sur le plaisir simple qui consiste à se rendre d'un endroit à un autre avec son vélo comme moyen.

Pour ma part, même si le cyclotourisme demeure une activité ayant ses exigences d'effort et d'endurance, il n'est pas question de devenir esclave de la moyenne kilométrique. Dans la pratique du vélo, je vois essentiellement une façon agréable de se déplacer dans la nature, de découvrir des paysages, des régions, de réviser sa géographie en allant sur place ressentir la profondeur d'une belle vallée ou l'altitude d'une montagne.

Le Pyrénées, lorsqu'on habite Toulouse, sont l'objet de nombreuses conversations entre amoureux de la nature. Très nombreux sont les adeptes des randonnées durant l'été, et du ski durant l'hiver. Pour notre part, peu attirés par le ski et occupés à bien d'autres activités en été (du vélo par exemple), ces montagnes, pourtant si proches, demeuraient étrangères à nos pérégrinations et du coup globalement méconnues.

Nos randonnées précédentes sont variées : L'Irlande du sud en 1995 (ah ! la guiness au pub à la fin de l'étape !), le tour de Gaspésie en 1996 (tête à tête avec une ourse), Toulouse Naussac (Nord de la Lozère) et retour en 1998 (beauté des grands causses), Tour de Bretagne en 1999 (super chouette), Cévennes et Ardèche en 2000 (que de beaux paysages), Tour de la Drôme en 2001 (Le mont ventoux et le signal de Lurre), Dordogne et Cantal en 2002 (10°C et pluie au sommet du puy-mary en Août). Les Km s'accumulant, nous faisions le constat que les plus grandes satisfactions se rencontrent en montagne. L'air y est plus pur, les paysages plus vastes, les menus dans les auberges plus copieux, la charcuterie meilleure, et les tartes aux myrtilles plus épaisses.

Notre décision de réaliser la traversée des Pyrénées date de Mai 2003, même si le projet avait été évoqué avant. Je disposais du topo-guide de Georges Véron (qu'il soit ici remercié) sur la H.R.P.V. depuis plusieurs années et projetais de réaliser ce parcours seul, Véro ne s'estimant pas capable de me suivre. Et puis, Le 18 Mai 2003, nous voilà partis, comme souvent le Dimanche, pour une randonnée cycliste. Le parcours comprend le col d'Azet, la Hourquette d'Ancizan et le col d'Aspin. Cette sortie de 80 Km et de 2000m de dénivelé positif s'était bien passée, et Véro avait pu constater sa capacité à franchir trois cols conséquents dans la journée (et moi aussi par la même occasion).

Quelques semaines plus tard, notre décision était prise : La H.R.P.V. nous verrait parcourir ses crêtes dès cette année. Il ne restait plus qu'à déterminer la date.

Avant Juillet, la neige n'est pas toujours fondue au sommet de certains cols élévés, et le sol est humide dans les forêts, rendant difficiles les portions sur piste. En Juillet et Août, les orages sont nombreux, comme les touristes. En Septembre, les orages s'estompent, et les touristes rentrent à la ville. Ce n'est pas pour autant la fin de l'été. C'est même une des périodes les plus propices à la découverte de la montagne. La chaleur est modérée et il fait souvent beau de début Septembre à l'équinoxe. Nous décidons donc de réaliser cette sortie du 5 au 20 Septembre, cette période rassemblant pour nous le maximum d'atouts. Nous avons opté pour l'hôtel plutôt que le camping pour alléger nos vélos. Cela s'est ressenti sur le budget mais s'est avéré un bon choix compte tenu de la météo et des dénivelés. Mais une fois n'est pas coutume. En principe nous campons, ce qui apporte bien plus de libertés et permet de profiter davantage du plein air.

 


Samedi 6 septembre. Après un déjeuner frugal, nous enfourchons les vélos préparés la veille et qui piaffent au garage. A 5h du matin, il y a très peu de monde sur la piste du bord du canal qui nous mène à la gare Matabiau.
Arrivés à la gare, la première épreuve nous attend ; En effet, le train Vintimille-Irun que nous devons prendre n'accepte pas les vélos à Toulouse, alors qu'il les acceptait encore à Marseille... Conformément à mon plan, je rentre très vite en négociation avec le contrôleur, au pied du wagon équipé du local vélos, qui est à moitié vide. Le contrôleur, en manque d'arguments devant ma détermination, et ne voulant pas perdre la face, accepte les vélos moyennant 40 €. Va pour 40€, ce qui compte est de partir.

Le temps est maussade, et arrivés à St Jean de Luz, la pluie nous accueille sur le quai de la gare. Nous ferons avec. La première étape consiste à longer l'océan par la D912 de St Jean de Luz à Hendaye avant de pénétrer dans les terres basques. La pluie devient intense, et, après avoir croisé un cycliste en train de réparer sa roue sous l'averse, nous devons nous abriter quelques minutes. Profitant d'une accalmie, nous reprenons la route vers Urrugne, puis obliquons sud-ouest sur la D4, direction le col d'Ibardin, le premier et le plus modeste puisqu'il est à 317m d'altitude. La circulation soutenue jusqu'au col, cesse soudainement. Nous voyons une immense Venta sur le coteau qui explique le trafic et son but. Nous franchissons la frontière espagnole. D'un coup, la route devient déserte et en excellent état. Une belle descente nous mène à Bera deBidasoa, et nous glace par la même occasion. Nous faisons une halte dans un café pour une boisson chaude, puis reprenons la route. Deux solutions existent : poursuivre plein sud jusqu'à Santesteban, par la N121 et remonter vers le col d'Ispeguy, ou prendre la route prévue qui comprend deux cols de plus. Après avoir observé le trafic sur la N121, intense, nous décidons de nous en tenir aux routes plus calmes, même si les montées sont plus nombreuses. Nous franchissons donc le col de Lizuniage (250m) et filons vers Sare, puis Ainhoa. Nous repassons en Espagne avant d'aborder une montée sérieuse qui nous hisse au col d'Otxondo, à 670m. La descente, plein sud, nous mène à Bozate. Il cesse de pleuvoir et nous pouvons replier les capes pour remonter au col d'Ispéguy, 672m. Le temps s'est dégagé et nous profitons de beaux points de vue. Du col, une descente nous mène à St Etienne de Baïgorry, beau village basque. Encore 4 Km vers Urdos et nous voilà à l'hôtel, pour une douche, l'étendage des vêtements humides, et enfin un bon repas.


Dimanche 7 Septembre. Inutile de se mentir, il pleut et la météo est catastrophique. Nous partons tout de même après avoir revêtu nos capes, direction St Jean pied de port. La pluie s'intensifie. Nous profitons d'un abri de marché pour nous arrêter et faire le point. La pluie se calme et nous décidons de rester à des altitudes modérées. Nous prenons la route de St Jean le Vieux, puis la D417 direction Tardets-Sorholus. La route s'avère sévère, avec une montée entre 15 et 20%, puis la pluie reprend. Arrivés au col, à environ 1000m, fourbus et transis, nous entamons la descente capes au vent. Le brouillard remplace la pluie, et nous arrivons au village d'Aussurucq, où nous ne devrions pas être. Cette erreur nous vaudra 10Km de supplément. Nous arrivons à Tardets sous le soleil qui perce à travers les nuages. Le village est envahi de 4x4. En effet, l'arrivée du rallye des cimes (les laboureurs de montagne au volant de leurs monstres polluants) a lieu dans le village.

Un podium de l'armée de l'air, avec un officier qui imite Jonnhy Halliday, anime la place (propagande bon marché, avec cible favorable?) Dur de se faire une place avec nos deux vélos au travers de cette faune. Notre souci immédiat n'est pas la qualité des animations du village (heureusement), même si nous nous passerions bien de ces pétarades débiles, mais la météo qui ne nous épargne pas depuis notre départ.


Lundi 8 Septembre. Après une nuit agitée (Nous sommes tous les deux dérangés du ventre après le froid et l'humidité de la veille) nous consultons la météo. Un répit de la matinée nous est offert, puis la pluie doit reprendre. Nous décidons de ne pas entreprendre le col de la pierre St Martin dans ces conditions, mais de passer par la plaine pour avancer un peu. Nous prenons la route d'Oloron par Mauléon-Licharre, Chéraute et Barcus et Esquiule. Sitôt arrivés à l'hôtel, la pluie reprend, comme prévu. Une petite lessive (l'hygiène du cuissard, c'est l'assurance de fesses qui supporteront la selle pendant 15 jours sans se parer de couleurs bizarres...) puis une visite de la ville et enfin un bon restau nous occupent pour la soirée.


Mardi 9 Septembre. Il pleut toujours, et la météo est formelle ; il pleuvra toute la journée. Nous décidons de ne pas rouler, et profitons de la proximité de la gare pour prendre un train et aller visiter Pau. Entre deux averses, nous acquérons une bonne connaissance de la topologie du centre de cette célèbre ville qui institua l'assassinat systématique d'une poule par famille et par dimanche. De retour à Oloron, nous complétons notre visite par le vieux quartier, et choisissons une crêperie sympathique pour nous restaurer. La première crêpe est à peine servie qu'un incendie se déclare dans le bâtiment attenant. Il faut évacuer pour permettre l'accès aux pompiers. J'avais choisi une crêpe à l'andouillette de Guéméné. J'adore l'andouillette de Guéméné. La pauvre crêpe aura fini sa vie dans une poubelle alors que je l'eus digérée avec application. C'est la faim au ventre que se termine cette journée sans vélo.


Mercredi 10 Septembre. Il ne fait pas franchement beau, mais on fera avec. Nous enfourchons nos vélos direction Laruns. Tant pis pour le col de la Pierre St Martin, mais nous ne voulons pas prendre le risque d'accentuer notre retard, ne sachant pas ce qui nous attend. Nous prenons la route d'Ascot, dans la vallée d'Aspe. Il fait frais et les ruisseaux sont devenus des torrents. Quelques écoliers pétaradent avec leurs mobs, puis un paysan mène ses vaches au prés, lesquelles crépissent la route. Il faut zigzaguer entre les bouses. Arrivés à Ascot, les choses sérieuses commencent. Le col de Marie-Blanque, quoique modeste en altitude, est considéré avec respect par les professionnels. Les 4 premiers Km sont modérés. Par contre, la pente s'accentue sans cesse, et les 3 derniers Km affichent des dénivelés de 11%, puis 13% et enfin 12%. Inutile de préciser que l'arrivée au col, à 1053m, est un réel soulagement.

D'ailleurs, comme le soleil brille et qu'on n'avait pas vu ça depuis longtemps, on s'installe sur l'herbe pour un notre repas de midi (oh, rien d'énorme, quelques raisins, des gâteaux aux figues, une pâte de fruit et un pain d'épices. C'est tous les jours pareil et je ne le répéterai plus). La descente sur Arudy est précédée par la traversée d'un plateau très paisible, où broutent des vaches et des chevaux. Depuis l'arrivée des quotas, c'est incroyable le nombre de chevaux qu'on voit dans la campagne... Depuis Arudy, on n'est pas obligés de prendre la D934, très passante, mais la D240, de l'autre côté du gave, mène aussi à Laruns. Nous arrivons de bonne heure à Laruns, et nous avons tout le temps de faire une belle promenade à pied et de déguster un demi au soleil, en regardant opérer quelques cyclistes chargés. Nous sommes logés au Youkoulélé, un petit hôtel très sympa au nom bien de chez nous...


Jeudi 11 Septembre. Premier " vrai " col de notre traversée. L'Aubisque, légendaire étape du tour de France. Pour nous, pas de performance à réaliser. Nous sommes intéressés par le franchissement, la progression, l'observation des paysages. La vitesse, laissons ça aux sportifs. Néanmoins, la route est la même pour tout le monde. Allons-y. Il fait beau et frais, donc très beau pour gravir une montagne. La montée démarre très progressivement, avec des pentes de 4% à 6% sur les premiers Km. Ce n'est qu'après Eaux-Bonnes que la pente devient sévère, entre 8 et 9% et quelques passages à plus de 10%. Nous arrivons au col sans encombre et, après la photo, buvons un coup parmi les touristes et quelques cyclistes. Un Autrichien, chargé comme une mule, nous aborde pour connaître notre itinéraire. Le sien est honorable. Parti d'Autriche, il se rend à St Jacques de Compostelle.

Il a un côté bourrin, bouffeur de km, et renifle un peu. C'est vrai que la lessive en camping ces derniers jours, ce ne devait pas être facile. Nous poursuivons par le col de Soulor, une simple formalité, mais avec une route en corniche sublime, qui nous permet d'admirer le cirque du Litor. Arrivés au Soulor, il est l'heure de manger, et nous nous mélangeons à quelques brebis pour nos agapes. L'une d'entre elles, voulant améliorer son ordinaire, tente de s'emparer de nos pains d'épices. Nous devons user de violence : claquer dans les mains. Le troupeau s'enfuie terrorisé. La brebis est un animal dépourvu de courage. Une truie corse, dans cette situation, s'emparait de notre repas, et nous bouffait un pneu en dessert ! Mais il faut continuer la route. La descente sur Arrens est vite expédiée, malgré la fraîcheur, ensuite direction Aucun, et nous quittons la D918 pour la D13 qui permet d'éviter Argelès-Gazost. Cette petite route de campagne, très bucolique, nous permet de visiter le beau village de St Savin. Nous arrivons à Pierrefite et empruntons la D921 vers Luz. Les voitures sont nombreuses, et nous espérons qu'à Luz, la plupart vont sur Gavarnie et n'encombrent pas la route du Tourmalet. A Luz, nous sommes logés dans un hôtel charmant, tenu par une femme énergique et conviviale. Elle nous explique comment elle s'est spécialisé dans l'accueil de cyclotouristes étrangers. En leur réservant un accueil personnalisé (garage à vélo, déjeuner très tôt...) elle se retrouve dans de nombreux guides et sites Internet.


Vendredi 12 Septembre. Ce jour est important. Nous allons faire connaissance avec le Tourmalet. Contrairement à l'Aubisque, pas d'échauffement progressif. La situation est simple ; nous disposons de 18Km pour nous élever de 1400m, soit une moyenne de 7,77%. En effet, la pente est régulière. Le braquet le plus adapté pour traîner les 112Kg que constituent mon équipage (74Kg de cycliste habillé et chaussé, 17Kg de vélo, 2Kg de boissons, 1Kg de fruits et 18Kg de bagages) est le 22/28, soit le minimum, adopté d'entrée de jeu. Faisons un peu de calcul :
Soit une roue de 700, sa circonférence est de PI*D, soit 3.14*0.7 = 2.2m. Un tour de pédalier (2 coups de pédale) me fait avancer de 2.2m*22/28, soit 1,73m, soit encore 0.86m par coup de pédale . 20826 coups de pédale seront donc nécessaires pour arriver au col. Après 6Km, une vive douleur au genou me fait souffrir.

Quelques étirements feront disparaître la gène, à mon grand soulagement. A part ça, l'ascension se déroule correctement, avec une pâte de fruits au Km 14. Les 2 derniers Km sont infâmes. L'arrivée est raide, mais on ne sent plus rien et on finit au sprint (relatif). Les photos s'imposent, ainsi qu'un coup à boire au bistrot. A part la célébrité du lieu et le point de vue sur le pic du midi, tout est moche, particulièrement la Mongie et les amas de ferraille qui traînent dans la montagne en attendant la prochaine saison de ski. Il fait trop froid pour s'attarder et on s'équipe pour la descente : un blouson en fourrure polaire et un coupe-vent par dessus, plus les gants. La descente vers Ste Marie de Campans est un régal. Mon poids aidant, je double quelques cyclistes en vélo de course qui n'y comprennent rien. Les freins hydrauliques associés au pneus Schwalbe Marathon me procurent une assurance terrible. Arrivés à Ste Marie de Campans, quelques cyclistes espagnols en VTT chargés s'abreuvent à la fontaine. Je réponds avec optimisme à leurs questions : Combien de Km ? Est-ce dur : Non pas du tout, allez-y cool. Hasta la victoria Siempre.

Puis nous cassons la croûte avant d'attaquer l'Aspin. Les 8 premiers Km jusqu'à Payolle sont casse-pattes. Pas moyen d'adopter un rythme. A Payolle, quelques cyclotouristes au bar nous encouragent. Nous sommes en territoire connu, et peu impressionnés. Dans le sens Ouest-Est, ce col n'est pas difficile. Encore une photo, et nous descendons sur Arreau. Une option consistait à passer par la Hourquette d'Ancizan pour faire escale à St Lary, mais ce trajet nécessitait de monter le col d'Azet le lendemain, et nous avons un souvenir mitigé de ce col, parcouru au printemps. Donc, va pour Arreau où nous nous installons à l'hôtel avant de visiter le village dont la halle centrale est admirable, mais dont l'animation est très limitée. A l'hôtel, un autre cyclotouriste, un peu timide, nous adressera la parole le lendemain matin au déjeuner en nous voyant en cuissards. Là, il sait qu'on est de la même espèce.


Samedi 13 Septembre. Nous avons appris depuis quelques jours que la Vuelta passait dans le coin. Aujourd'hui, nous empruntons la même route qu'eux, route qui sera fermée dès 13H. Nous devons passer le col de Peyresourde et le Portillon avant. Nous sommes donc sur nos vélos dès 8H30. Il fait frais et beau. Notre copain cyclotouriste nous double. Il est très peu chargé. La vallée du Louron nous permet de nous échauffer avant la montée du Peyresourde, qui ne nous oppose que peu de résistance. De plus, les supporters de la Vuelta qui s'installent nous encouragent sans arrêt. Arrivés au col, nous retrouvons le cyclo du matin. Je lui fais une photo numérique et prends son Email pour la lui envoyer. Il est de Lille, si ça intéresse quelqu'un. Belle descente sur Luchon pendant laquelle je tombe à 2 reprises une des deux boissons que j'ai coincé sous les capes.

Véro m'a dit qu'elles ne tiendraient pas mais je suis resté sur ma solution qui préservait les boissons du soleil. Au deuxième arrêt pour récupérer le précieux breuvage, je suis les conseils de Véro sans qu'elle me voit (Avouer que j'avais tort, jamais...). A Luchon, je demande la route à un sexagénaire à vélo. Celui-ci nous servira de guide pour traverser la ville encombrée en ce matin de marché et nous accompagne jusqu'à la sortie de St Mamet, sur la route du portillon. Le vélo rapproche les gens, nous le constatons encore une fois. Nous entamons l'ascension du dernier col sereins car nous sommes en avance sur notre horaire. Les supporters de la Vuelta sont à présent nombreux. Cela va de l'automobiliste embourbé pour avoir voulu se garer là où c'était impossible à la bande de fêtards déjà en train de boire le pastis. L'ascension est raide. De plus, il n'y a pas les habituels panneaux descriptifs à l'usage des cyclistes qu'on rencontre presque partout dans les Pyrénées. Arrivés au sommet, l'absence de panneau de col ne nous permet pas de réaliser la photo habituelle. Tant pis, nous poursuivons sur la route espagnole, en parfait état et balayée de frais. Un régal. Un parking offre un beau point de vue sur la vallée de la Garonne et Bossost. Arrivés à Bossost, nous mangeons au bord de la rivière avant de trouver l'hôtel qui nous attend. Puis un demi (double) à la terrasse d'un café nous permet d'observer tous les français venus faire leurs emplettes. Scènes habituelles sans intérêt particulier de gens chargés de pastis et de whisky. La vuelta est en retard et nous avons le temps de nous rendre à pied au carrefour de Viella pour voir passer les coureurs. Ils passent effectivement. Quand ils sont tous passés, nous repartons avec la foule.


Dimanche 14 septembre. La Vuelta est devant nous et ne devrait plus nous importuner. Nous partons sous un soleil radieux pour le val d'Aran. La route est fréquentée mais large, ce qui fait que nous roulons en sécurité. La pente est douce et nous avançons bon train. A une station service, je demande de l'huile pour calmer la chaîne de mon vélo qui émet un bruit métallique agaçant. Le pompiste, voyant mon refus d'acheter un bidon de 2L, finit par me proposer un bidon entamé dont je n'utilise que quelques cl. Gracias señor. Arrivés à Viella, la ville est très animée. Mais de quoi s'agit-il ? C'est la Vuelta ! Un agent nous informe de la fermeture de la route à 12H30. Nous avons 1H devant nous et poursuivons direction le col de Bonaigua. Arrivés à Salardu, un policier nous ordonne de nous garer. La Vuelta nous talonne. Nous attendons 3/4 d'heure et pouvons enfin repartir, en espérant que cette sympathique manifestation cessera de nous déranger.

Ce sera le cas. La montée vers le col se poursuit. La route est d'abord déprimante car rectiligne. Elle offre tout de même de belles vues sur le massif de l'Anéto, avec de la neige toute fraîche. Enfin viennent les lacets qui annoncent la fin. L'arrivée est décevante. On se croirait dans une zone industrielle, ou dans le dépôt d'une usine de zingage d'acier. Encore le business du ski qui défigure la montagne ! Photo tout de même puisqu'il s'agit de notre second 2000m à vélo, puis on mange un bout, et enfin on prend une boisson chaude au café. Une bande de motards allemands est au steack-frites-bière. L'un d'eux est si gros que s'il enfourchait mon vélo, celui-ci ne résisterait pas. Le sien de vélo est de marque Harley-Davidson. Un bel exemplaire de biker. Descendons à Llavorsi. La route est biscornue à souhait, mais dans un état impeccable, ce qui permet quelques virages serrés. A partir d'Esterri d'Aneu, nous roulons sur un faux-plat descendant, à 30Km/h sans effort. On ne s'en lasse pas. A Llavorsi, il faut pourtant s'arrêter. Ce village est d'une belle unité architecturale, et nous le visitons en détail.


Lundi 15 septembre. C'est aujourd'hui que nous allons au port de Cabus, clef de voûte de la randonnée, et seul itinéraire permettant d'accéder à Andorre par l'Ouest. Les 15 premiers Km dans la vallée de la noguéra de Cardos sont agréables, calmes, sur une route en parfait état. Arrivés à Alins, un panneau indique Tor. Il n'a pas tort. Nous empruntons le sévère raidillon pour redescendre peu après. Un pont enjambe la Noguéra de Tor. Fini l'asphalte ! Nous avons à faire à une piste à présent. Comme souvent lorsqu'on longe un torrent, la montée est très irrégulière. Les raidillons se succèdent, qui associés au mauvais état de la piste, nous obligent à mettre pied à terre à plusieurs reprises. Arrivés à Tor, nous découvrons un village habité essentiellement par des chevaux. Une maison est habitée. Pour le reste, il s'agit de ruines, l'église y compris.

Après quelques photos, nous quittons la vallée pour entreprendre l'ascension vers le col. A présent, il n'est pas envisageable de rouler à vélo. Des ornières de 50cm de profondeur traversent la piste en oblique tous les 10m, et la montée est très raide. Il nous reste 700m à gravir en quelques Km. Nous nous sentons à présent au cœur de la montagne. Des massifs s'offrent à la vue dans toutes les directions. L'arrivée au col est spectaculaire. Changement de décor. Un immense cirque se dévoile, aux couleurs vert-jaune. On en prend plein les mirettes. Seul un panneau signale l'entrée en Andorre. Subitement, la route est goudronnée, et en parfait état. On essaie de situer l'Envalira, et les sommets à près de 3000m qui nous entourent. Repus de paysages, nous entamons la descente dans la fraîcheur, sur un boulevard désert jusqu'au col de la botella, à 2069m. La civilisation réapparaît, sous forme d'équipements de ski au repos. En continuant à descendre, nous arrivons au village de Pal où une bande de bretons déchargés d'un bus s'abreuve à la fontaine avec une frénésie impressionnante. Je devrai attendre un long moment avant d'accéder à l'eau fraîche. La température est redevenue douce, et le soleil couchant donne à la montagne une belle couleur dorée d'automne. Encore quelques Km de descente et nous arrivons à La Massana, paradis du 4X4 bruyant et puant. Nous sommes suffoqués et décidons définitivement d'éviter Andorra la Vella. Nous prenons la direction d'Ordino, petit village charmant. Nous passons une bonne soirée dans un restau à écouter Nougaro et Aznavour, en dégustant une joue de porc confite et autres gourmandises genre Grappa glacée ou Manzana verde.


Mardi 16 Septembre. Pour éviter Andorra la Vella, nous devons passer le col d'Ordino. Le bilan donne un dénivelé positif de 200m supplémentaires, ce qui n'est pas énorme. Le col d'Ordino n'est pas décrit dans notre littérature pyrénéenne. Il s'avère respectable. 700m de dénivelé en 10Km. La route est calme, et les points de vue sur la vallée d'Ordino et les massifs alentour nombreux. Le soleil illumine le versant Est, et nous qui sommes sur le versant Ouest profitons d'un paysage très lumineux tout en grimpant à l'ombre. Arrivés au col, pas de panneau. Tant pis, nous continuons sur une route à flanc de coteau qui nous permet d'admirer à présent la grande vallée du Valira d'Orient. Subitement, la route se transforme en lacets et nous plongeons littéralement sur Canillo. Fini le calme, nous voilà dans le caca urbain. Les camions de béton se succèdent sur la CG2 (Il y a 2 Carreteras Général en Andorre, la CG1 et la CG2).

Notre intérêt pour la destination du béton qui passe sous notre nez est limité, mais tout amateur de cartes routières vous le dira : Pour aller de Canillo au port d'Envalira, aucune alternative à la CG2 n'existe. Nous entreprenons donc de nous frayer un chemin dans ces travaux de bétonnage et de goudronnage. Tout compte fait, hormis la fumée des camions, la gène n'est pas insurmontable. De plus, une fois passé Soldeu, les 13 derniers Km se font assez tranquillement. Que dire de cette montée ? moins dur que le Tourmalet, moins dur aussi que le col d'Ordino précédent, mais il faut tout de même monter à 2408m, et c'est un peu long. Arrivés au sommet, il y a un panneau ! Photo, donc. Nous sommes au point culminant de notre randonnée, et au col routier le plus élevé des Pyrénées. Une femme adresse la parole à Véro. Elle a fait la traversée des Pyrénées l'été 2002, mais n'a vu aucun col ni sommet à cause du brouillard. Nous nous estimons chanceux malgré les 4 premiers jours de pluie. Après avoir cassé la croûte, nous nous équipons pour la descente sur le pas de la casa. Là, je réalise un achat, ce qui n'a rien d'original. On ne peut pas aller au pas de la casa pour un autre motif qu'acheter. En fait, j'ai perdu mes lunettes de soleil à Llavorsi et profite de l'occasion pour me payer des carrera à la monture rouge vermillon. Le must, et trois fois moins cher qu'à Toulouse. Nous poursuivons vers le col de Puymorens, qui n'offre que 150m de dénivelé depuis le carrefour N20-N22. Il y a un panneau que nous prenons en photo. Puis une belle descente nous mène à Porté-puymorens. La route jusqu' en Cerdagne continue de descendre. C'est cool. Ni La Tour de Carol, ni Enveigth, ni Ur ne nous séduisent. Nous poussons jusqu'à Llivia, l'enclave espagnole en France (sombre histoire de frontières), où nous trouvons un hôtel cher mais avec une cheminée dans la chambre ! La ville est endormie. La saison d'été est finie et la saison d'hiver n'a pas commencé. Nous avons du mal à trouver un restau ouvert.


Mercredi 17 Septembre. Nous optons pour un itinéraire qui évite Font-Romeu en contournant la cerdagne par Saillagouse, Llo, le col de Llo, à 1670m (panneau + photo), Eyne et le col de la Perche à 1579m. Le panneau est intrigant. Il signale que la Cerdagne se situe dans le bassin de l'Ebre alors que de l'autre côté on est dans le bassin de la Têt. On prend une photo... Nous poursuivons vers Mont-Louis par la Cabanasse, puis la Llagone. De là, on oblique plein Est pour rejoindre le col de la Llose, à 1866m. Ce col est notre dernier grand col. A partir de maintenant, nous allons beaucoup descendre. D'ailleurs 40Km de descente nous attendent immédiatement. La route qui mène du col à Olette est tout simplement magnifique. Nous sentons déjà la Méditerranée. Aucune voiture, peu d'habitants. En traversant Aiguatébia, nous pouvons lire sur le mur du préau de l'école les recommandations suivantes : " Parlez Français, soyez propres " !

Au mas de la trape, il est nécessaire de donner quelques coups de pédale, puis la descente reprend, dans un décor sauvage à souhait. A partir d'Olette, nous sommes contraints d'emprunter la N116 sur 15Km. Mais comme c'est en descente, nous roulons bon train et ne sommes donc pas trop gênés par le trafic. Nous faisons étape à Prades, belle bourgade un peu endormie.


Jeudi 18 Septembre. Même si nous prenons conscience du fait que les grosses difficultés sont derrière nous, l'étape Prades-Céret n'est pas à négliger. Nous sautons la têt vers Catllar et Eus pour éviter la N116, puis la retrouvons à Marquixanes, pour 2Km environ. Nous empruntons ensuite la D13 vers le col Palomère. La route est plate jusqu'à Finestret, puis nous nous engageons dans la vallée de la Lentilla. Jusqu'à Baillestavy, la pente est modérée, et la route très agréable. Arrivés au village, la pente s'accentue. Nous poursuivons jusqu'à Valmanya, petit village perdu dans la montagne, sur le flanc Est du Canigou. Nous bénéficions de belles perspectives sur le sommet du canigou. De Valmanya, plus que 5Km pour arriver au col, toujours sur une belle route, mais avec une pente bien marquée. Nous arrivons au col. Un panneau, donc une photo. Il fait très bon, et on casse la croûte au soleil.

La descente est biscornue, et les premiers Km longent une route de crête agréable, même si les paysages sont souvent masqués par des haies de chênes liège. Nous rejoignons le col Xatard, à 750m et continuons à suivre les crêtes jusqu'au col Fourtou, à 650m. Ensuite, la descente est plus prononcée et nous fonçons sur Oms, et enfin Céret. La basse ville est particulièrement encombrée de voitures, pour cause de travaux. Nous nous frayons un chemin jusqu'à la vieille ville et trouvons l'hôtel Vidal qui nous attend. Céret, que nous connaissons déjà, est une ville très agréable, avec son boulevard circulaire et ses remparts.


Vendredi 19 Septembre. Dernière étape avant la mer ! Et en plus, même pas une difficulté à se mettre sous la dent. Nous partons pour Maureillas, puis Le Boulou, et quittons la grosse route D618 pour la D11 vers Montesquieu des Albères, puis Villelongue des monts, Laroque des albères et Sorède. Plus que quelques Km et on est sur la plage d'Argelès. Nous voilà arrivés. Nous parcourons la promenade le long de la plage comme des fêlés. Il n'y a presque plus de touristes. Après cette petite détente, nous rejoignons Collioure, véritable destination. Nous mangeons à l'ombre, avec vue sur la mer, détendus. Trois jeunes allemands surgissent sur leurs vélos chargés. Ils vont de Berlin à Faro au Portugal. Nous partageons quelques points de vue sur les routes d'Espagne. Mais mes conseils sont inadaptés à ces mangeurs de Nationales. Bon vent. Nous passons l'après-midi à re-visiter la charmante ville de Collioure, avant de boire un Banyuls sur le port.

 


Samedi 20 Septembre. On ne va pas rentrer sans monter aux balcons de Madeloc ! Nous voilà donc partis pour la tour de Madeloc, à 650m d'altitude, surplombant les vignobles de Banyuls. Heureusement que nous n'avons pas de bagages, car la route est très escarpée. De plus, un vent violent s'est levé, qui ralentit notre progression. La petite route qui mène à la tour est interdite aux voitures. Je m'y engage. Je pense que c'est la route goudronnée la plus difficile que je n'ai jamais vu. Certains passages sont à 18%, et si l'on ajoute les rafales de vent, c'est un coup à tordre son cintre. J'arrive tout de même au sommet ou une anglaise s'approche de mon vélo pour compter les dents de mon plateau. Je lui évite cette peine et nous échangeons quelques paroles. Elle est une fervente pratiquante du vélo en Angleterre. Elle me prend une photo et je redescends vite car véro m'attend.

Nous redescendons à Banyuls et empruntons la magnifique route côtière vers Port-Vendres. Une excursion au cap béart nous mène à une plage où nous nous baignons dans la mer glacée. Puis retour à Collioure. Un petit apéro sur le port, un bon repas suivi d'un cocktail dans un bar de nuit et la journée est terminée.


Dimanche 21 Septembre. Il fait toujours beau, mais les vacances sont terminées, et nous embarquons nos vélos sur le train direction Toulouse. De Matabiau à la maison, encore 5Km et c'est fini. Mon compteur affiche 2472Km contre 1573Km au départ. C'est donc une virée de 901Km qui s'achève, avec environ 21000m de dénivelé positif.


Quelques précisions techniques : Le vélo est une belle invention, et je ne suis pas le premier à le dire. Mais il y a vélo et vélo. Le marketing et le phénomène de la mode aidant, les magasins sont pleins de machines aux couleurs rutilantes, aux équipements variés et aux prix très étalés. Mais quelle différence y a-t-il entre un vélo à 100€ et un vélo à 2000€ ? Plutôt que de répondre à cette question, je vais décrire ma machine (Véro a exactement la même, pas de jaloux) et expliquer les raisons des satisfactions que j'en retire :

Il s'agit d'un Giant, modèle Expédition de 1996, couleur prune. Il s'appelle d'ailleurs Prune. Le cadre est en Alu, donc inoxydable. Il est de géométrie classique à barre horizontale, et de taille appropriée, ce qui est fondamental. Une fois assis sur la selle, je suis plus grand que debout. Pas de suspension, ces gadgets consommant de l'énergie par le phénomène de " pompage " qu'ils induisent, et n'étant nécessaires que pour les VTTistes. La selle est d'excellente qualité, ni trop molle ni trop dure, assez étroite mais pas trop. En principe, on trouve une bonne selle sur un vélo de moyenne gamme. Le guidon est plat, de type VTT, avec toutes les commandes accessibles facilement, très large pour " ouvrir " la cage thoracique et respirer à pleins poumons. Le guidon cintré n'est d'aucune utilité pour le cyclotourisme, et moins pratique en ce qui concerne les commandes.

Les roues sont un élément primordial du vélo, qui le rendent " roulant " ou pas selon la qualité. Celles de mon vélo ont des jantes double paroi pour la rigidité. De plus, les puits à rayon font disparaître le risque de perforation de la chambre à air par ces mêmes rayons. La jante doit pouvoir accueillir des pneus de largeur 32 à 35 si on veut charger la bête. Le diamètre 700 a l'inconvénient de limiter le choix dans les pneumatiques qu'on rencontre en 26'', mais a l'avantage d'être le plus " roulant " et participe de la taille du vélo, qui pour moi, doit être haut pour améliorer la visibilité. Mais l'essentiel est le moyeu. Un bon moyeu garantit la longévité de la roue, le confort d'usage et le rendement.
L'ensemble pédalier/chaîne/roue libre, associé aux dérailleurs avant et arrière, détermine le développement et est aussi la partie la plus sensible du vélo. Il ne faut donc pas plaisanter avec la qualité de ces équipements. En ce qui concerne les développements, lorsqu'on veut charger son vélo, il est nécessaire de disposer de trois plateaux (22/32/42 s'avère un bon étagement). Associé à une roue libre 11/28, cela donne un développement minimum 22/28 permettant de gravir des pentes accentuées à 6Km/h et un développement maximum 42/11 qui permet de pédaler encore à 50Km/h. J'insiste sur le 22/28. Quand le vélo fait 40Kg et la pente 10%, il s'avère nécessaire. Les commandes indexées sont systématiques aujourd'hui et d'une utilisation confortable. L'indication visuelle du développement sur les manettes est bien utile.
Les freins hydrauliques amènent trois avantages énormes : Nul besoin de forcer pour freiner, un doigt suffit. La fiabilité est maximale, pas d'usure de câble conduisant à l'éventuelle rupture de celui-ci. L'efficacité est maximale et permet de doser habilement dans les descentes de col rapides.
Un compteur kilométrique est un excellent accessoire, compte tenu de l'excellente précision obtenue. Un modèle très simple, sans touches de fonction a souvent l'avantage d'être étanche, même s'il est bon marché. La distance parcourue, le cumul et la vitesse sont les informations suffisantes. Couplé à un altimètre, le compteur permet de se situer très précisément sur une carte.

Les garde-boue sont indispensables. Lorsqu'on roule sous la pluie, comment faire sans eux ? Idem lorsqu'on roule sur une bouse de vache fraîche. De plus, cela ne pèse rien. Quant aux porte-bagages, un arrière solide et un avant surbaissé, de part et d'autre de la roue, permettent de bien charger le vélo.

Le poids n'est pas un paramètre important. Un vélo solide est lourd, et la surcharge pondérale est bien plus grave. Mon vélo fait 17Kg, mais je n'en souffre pas.


L'éclairage est souvent nécessaire, même si on ne roule pas la nuit. En montagne il y a des tunnels, et pas toujours éclairés. La dynamo est plus sûre que les piles qui sont déchargées quand on veut s'en servir.

A cela il faut ajouter les bagages. Les sacoches avant surbaissées apportent une excellente stabilité au vélo et permettent de répartir le poids et de disposer d'un bon volume de chargement. La sacoche de guidon est indispensable pour supporter la carte routière, que l'on regarde sans arrêt. Enfin, deux bidons de 1l chacun permettent une autonomie de 100Km, sauf par grande chaleur.

L'ensemble de ces caractéristiques se rencontrent dans beaucoup de modèles, mais pas à 100€. Il vaut mieux prévoir 1000€ et surtout écouter les conseils de plusieurs vendeurs et en faire la synthèse avant de se décider. Mais un vélo est un investissement à vie. Le mien a 13000Km et est comme neuf.

Quelques truc sur les cartes routières: Les cartes Michelin au 1/200 millième, bon marché, associent une lisibilité excellente à une exactitude des informations rarement démentie. Associées aux cartes IGN 1/100 millième disposant des courbes de niveau, impossible de se perdre !

Comment établir un itinéraire: Notre méthode est simple ; Une fois le trajet déterminé dans les grandes lignes, nous recherchons les routes départementales blanches (sur les cartes 1/200.000, qui associent des tracés réfléchis, un état correct et une circulation réduite. En France, ces routes ont souvent été tracées pour des véhicules à traction animale et ont donc des dénivelés étudiés et modérés. La Nationale est bannie car trop dangereuse, et la départementale jaune empruntée uniquement à distance respectable des zones urbanisées. Les routes communales ont l'inconvénient d'être moins bien tracées et de réduire la progression dans une direction donnée pour cause de détours infinis. Donc, vive la Départementale peu fréquentée. Et vive les autoroutes qui absorbent le trafic et nous permettent de rouler peinards sur nos vélos.

Habituellement, les cyclotouristes sont des individus têtus et indépendants, ce qui est une excellente chose. Ces quelques trucs et astuces, chacun en fait ce qu'il souhaite. S'ils peuvent inciter quelqu'un à pratiquer le cyclotourisme, et s'il en retire du plaisir, alors tant mieux.

A bientôt sur les routes du vaste monde.

Toulouse, Novembre 2003

Des précisions, des remarques, n'hésitez pas à m'en faire part: thouery.jean-marc@wanadoo.fr